lion

The UK currently accounts for the lion’s share of marketing budgets

(Actuellement, le Royaume-Uni se taille la part du lion en matière de budgets marketing)

Cette phrase m’a poussée à rechercher l’origine de l’expression « se tailler la part du lion ». Elle veut dire qu’on prend tout, sans rien laisser aux autres, mais elle est souvent utilisée dans le sens de prendre la plus grande

W. Aractingy

portion d’un tout. Elle vient d’une fable d’Ésope, un esclave qui vivait en Grèce au milieu du sixième siècle av. J.-C. Je n’ai pas trouvé de traduction de la fable en question, mais je suis tombée sur un site qui répertorie un grand nombre de fables d’Ésope.

Cette fable a ensuite été traduite en latin par Phèdre, lui aussi esclave. Voici une traduction française de sa version :

La vache, la chèvre, la brebis et le lion

Il n’y a jamais de sûreté dans l’association avec le puissant ; cette petite fable montre la vérité de ce que j’avance.
Une vache, une chèvre et une brebis habituée à l’injustice firent dans les bois société avec un lion. Comme ils avaient pris un cerf de grande taille, les parts faites, le lion parla ainsi : « C’est moi qui prends la première puisqu’on m’appelle roi, elle m’appartient; la seconde, comme je suis vaillant, vous me la donnerez ; et parce que je suis le plus fort, la troisième me reviendra. Malheur à qui touchera à la quatrième ! &raquo ; Ainsi, grâce à sa mauvaise foi, il emporta pour lui seul la proie tout entière.

Enfin, Jean de la Fontaine l’a adaptée en français :

La Génisse, la Chèvre, et la Brebis, en société avec le Lion

La Génisse, la Chèvre, et leur sœur la Brebis,

Avec un fier Lion, seigneur du voisinage,

Firent société, dit-on, au temps jadis,

Et mirent en commun le gain et le dommage.

Dans les lacs de la Chèvre un Cerf se trouva pris.

Vers ses associés aussitôt elle envoie.

Eux venus, le Lion par ses ongles compta,

Et dit : « Nous sommes quatre à partager la proie. »

Puis en autant de parts le Cerf il dépeça ;

Prit pour lui la première en qualité de Sire :

« Elle doit être à moi, dit-il ; et la raison,

C’est que je m’appelle Lion :

A cela l’on n’a rien à dire.

La seconde, par droit, me doit échoir encor :

Ce droit, vous le savez, c’est le droit du plus fort

Comme le plus vaillant, je prétends la troisième.

Si quelqu’une de vous touche à la quatrième,

Je l’étranglerai tout d’abord. »

Ceci explique que la même expression existe en français et en anglais (the lion’s share en anglais).

De | 2016-04-08T13:40:52+00:00 13 juillet 2007|Expressions idiomatiques|5 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

5 Réaction

  1. Xavier Kreiss juillet 13, 2007 à 6:08

    Des fables qui me rappellent une phrase que j’avais dû apprendre par cœur il y a longtemps, en cours de latin:
    primam partaem tollo, quoniam nominor leo
    (je prends la première – ou la meilleure – part, parceque je me nomme lion).
    Quant à savoir d’où ça vient… y-a-t-il des latinistes parmi vous ?

  2. Xavier Kreiss juillet 13, 2007 à 6:09

    Des fables qui me rappellent une phrase que j’avais dû apprendre par cœur il y a longtemps, en cours de latin:
    primam partem tollo, quoniam nominor leo
    (je prends la première – ou la meilleure – part, parceque je me nomme lion).
    Quant à savoir d’où ça vient… y-a-t-il des latinistes parmi vous ?

  3. Xavier Kreiss juillet 13, 2007 à 6:13

    De Phèdre, peut-être?

  4. jean-paul juillet 14, 2007 à 3:33

    Oui, c’est bien Phèdre:
    l’extrait est:
    Ego primam tollo, nominor quia leo;
    Secundam, quia sum fortis, tribuetis mihi;
    Tum, quia plus valeo, me sequetur tertia;
    Malo afficietur si quis quartam tetigerit.

  5. Dominique juillet 17, 2007 à 6:26

    Comment ? Pas de traduction d’Esope ? En voici une, avec le texte grec :
    http://hodoi.fltr.ucl.ac.be/concordances/esope_201a250/lecture/7.htm
    Et encore :
    http://remacle.org/bloodwolf/fabulistes/esope.htm

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