déplacage_gazonOn a beau passer des heures à se préparer pour une mission d’interprétation, on peut toujours compter sur des surprises. Je ne parle pas de devoir sauter sur un tracteur pour pouvoir expliquer comment il fonctionne, encore que mon client ait apprécié que j’accepte sans problème de travailler dans des conditions hors du commun (c’était sympa !). Non, je veux parler de terminologie.
J’avais mené des recherches approfondies sur le déplacage du gazon, y compris la composition des sols ; quand mon client anglais a expliqué que la machine à déplaquer le gazon était très bien adaptée aux sols riches en loam, je me suis félicitée intérieurement et j’ai utilisé le mot français « loam », qui faisait partie du petit glossaire que j’avais compilé.
Mine intriguée des Français. Ils n’avaient jamais entendu parler de « loam ». Dans ce genre de situation, il peut être tentant de paniquer ou de maudire les dictionnaires en ligne, mais il faut résister à cette envie. Il vaut mieux dire aux clients qu’on a une lacune et trouver le moyen de la pallier. Dans ce cas, j’ai demandé qu’on me décrive ce qu’est le loam : il s’agit d’un matériau entre le sable et l’argile. Quand j’ai relayé cette information aux Français, ils se sont exclamés : « Ah, du limon ! ».
J’essaie toujours de m’assurer que mes connaissances sont exhaustives quand j’interprète, mais c’est impossible. Quand on se trouve face à un tel problème, il faut accepter ses limites, ne pas se laisser déstabiliser et tout faire pour trouver une solution rapide (sans tomber du haut du tracteur).

De | 2016-10-18T15:48:57+00:00 13 novembre 2009|Interprétariat|3 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

3 Réaction

  1. Patricia novembre 13, 2009 à 4:16

    Le prochain numéro de Traduire (la publication de la SFT) inclut justement un article sur les similitudes et différences entre les métiers de traducteur et d’interprète qui pourrait t’intéresser. Comme tu le décris bien du haut de ton tracteur, la capacité de réagir au quart de tour distingue l’interprète du traducteur qui, lui, a tout le loisir (ou presque) de rechercher la meilleure manière d’exprimer quelque chose clairement.

  2. jean-paul novembre 14, 2009 à 8:07

    Effectivement, le “loam”, terme géologique employé en français désigne une classe texturale dont le matériau du sol contient de 7 à 27 % d’argile, de 28 à 50 % de limon et moins de 52 % de sable.
    Comme équivalent français courant de “loam”, mes dictionnaires donnent “terreau”, beaucoup plus général et ne recouvrant pas la même réalité.
    La traduction de “limon” (Matériau détritique meuble, argileux et silteux, à grain très fin, transporté et déposé par l’eau ou le vent. ) est “silt”.
    Bien “confusing”, tout cela but I guess that “the answer is in the soil!”
    http://www.proz.com/kudoz/english_to_french/botany/1098152-loam_based_compost.html

  3. Bela novembre 26, 2009 à 2:11

    ‘[…]traducteur qui, lui, a tout le loisir (ou presque) de rechercher la meilleure manière d’exprimer quelque chose clairement.’ Au cours de mes trente-cinq ans de carrière, je n’ai malheureusement presque jamais eu ce loisir. Les délais étaient toujours trop courts. J’ai trouvé mon travail d’interprète beaucoup moins stressant: j’appréciais de pouvoir m’exprimer sans être contrainte d’employer un langage polissé. Il est possible, bien sûr, que le milieu dans lequel je le pratiquais – le théâtre – était plus décontracté que l’industrie ou le commerce.
    Moi, c’est des cintres que j’ai failli un jour tomber.

Les commentaires sont fermés.