J’ai très bien mangé à Brasserie Blanc mardi soir, mais j’ai été très déçue par la qualité de la traduction française du menu. Ne serait-il pas temps d’appeler une traductrice professionnelle à la rescousse ? La traduction de menus est extrêmement difficile : le vocabulaire alimentaire est tellement riche, précis et propre à une culture précise qu’une connaissance intime des deux cultures et de leurs langues, associée à des compétences pointues en terminologie, sont nécessaires pour parvenir à un bon résultat.
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Outre la médiocre qualité de la traduction, qui semble « oublier » une grande partie de la version anglaise, ce menu contient de nombreuses erreurs qui suggèrent que la relecture est également passée à la trappe. J’ai déjà abordé les questions d’édition et de relecture, deux exercices qui me plaisent beaucoup : il est très prenant de partir à la chasse des rares mais inévitables erreurs dans le travail d’un collègue. On peut y voir un jeu et il est très satisfaisant d’ajouter un « s » oublié ou de repérer un accord bancal. C’est un travail d’une grande technicité, qui nécessite une approche méthodique : cet article d’Interactive Training donne tout plein de conseils bien utiles. Il est en anglais, désolée, j’ai essayé d’en trouver un aussi bon en français, sans succès. J’aime tout particulièrement le conseil 11 : pour repérer les coquilles, lire le text à l’envers pour ne pas se laisser distraire par le fond du propos.
Combien d’erreurs trouvez-vous dans la traduction française du menu ? Mon billet contient aussi une coquille volontaire, arriverez-vous à la trouver ?

De | 2016-10-18T15:49:03+00:00 3 septembre 2009|Le coin technique|11 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

11 Réaction

  1. Emmanuelle septembre 3, 2009 à 7:09

    C’est marrant, je ne connais pas beaucoup de traducteurs qui aiment faire de la révision/relecture. Je trouve ça intéressant parfois mais j’y passe parfois plus de temps que si je faisais directement la traduction.
    J’ai trouvé 7 erreurs (accord ou orthographe) dans le menu. Et je me demande, les langues de chat se traduisent-elles vraiment par “cat’s tongues”?

  2. Audrey septembre 3, 2009 à 9:40

    Moi, j’en trouve 9 car je compte toutes les fautes même quand il y en a deux dans le même mot.
    1)poire ==> poires
    2) grillé ==> grillées
    3)Tagliatelle ==> tagliatelles
    4)et 5) mange touts ==> mange-tout
    6)grillé ==> grillée
    7)legumes => légumes
    8)pêche ==> pêches
    9) á => à
    Question bonus: la coquille dans ton article porte sur la préposition qui suit “à la chasse”. Il faudrait dire “à la chasse aux rares mais inévitables eereurs.”
    Je ne sais pas si tu es partie en laissant ta carte, mais moi ça n’a jamais fonctionné. Pourtant, il y a du travail! J’ai démarché les restaurants français haut de gamme de ma ville qui présentaient des menus anglais avec des mots français erronés. En plus de mes services de traduction pour une clientèle française potentielle, je leur proposais de relire et corriger leurs menus.Dans des lettres très personnalisées, je démontrai l’importance pour un restaurant de cuisine française de maîtriser l’orthographe des termes français (jusqu’à présent, j’ai recensé 6 orthographes différentes de “crème brûlée”!). Pour moi, il en va de l’image et de la crédibilité du restaurant, mais, apparemment tout le monde ne partage pas mon point de vue!
    En tout cas, merci pour ce billet amusant.

  3. Audrey septembre 4, 2009 à 8:45

    ERRATUM !! Comble de l’ironie, je suis aussi l’auteure d’une coquille ; il fallait lire “erreurs” et “non eereurs”
    Merci à Jean-Paul pour son oeil de lynx et pour m’avoir fait remarquer que le “à” dans “à la chasse” n’est pas une coquille mais bel et bien une erreur de préposition. La coquille volontaire est ailleurs…

  4. céline septembre 4, 2009 à 9:15

    @Emmanuelle : tu as raison, rares sont les traducteurs qui aiment la relecture, moi j’aime beaucoup, mais à doses homéopathiques.
    @Audrey : joli travail ! Voici ce que j’ai trouvé :
    poire grille → poireS grillÉES (“poire grillée” est aussi acceptable)
    Parmesan → parmesan (c’est un nom de fromage au même titre que “camembert” et “crottin de chèvre”, non ?)
    mange touts → mange-tout (invariable)
    truite grille → truite grillÉE
    legumes → lÉgumes
    pêche → pêcheS
    á → à
    Je pense que “tagliatelle” peut s’écrire sans “s”, car il s’agit d’un mot pluriel en italien.
    @Audrey : “à la chasse des erreurs”, ça te choque ? Moi pas… La question du démarchage de clients en leur proposant d’améliorer leurs traductions existantes est le sujet d’un billet récent et très intéressant de Corinne McKay : http://thoughtsontranslation.com/2009/09/03/using-a-sample-translation-as-a-sales-pitch/

  5. Audrey septembre 4, 2009 à 10:12

    Bien vu pour le parmesan, par contre je garderai le pluriel pour tagliatelles préconisé par le ROBERT quand on parle “des pâtes”. Contrairement à l’italien et à l’anglais, on dit aussi “des spaghettis”.
    Merci aussi pour le lien du blog de Corinne McKay. C’est un sujet passionnant et en effet délicat où le plus grand tact est de rigueur. Comme disait Chris Durban au récent séminaire Style Matters organisé par l’ITI Scotnet, “assurez-vous que votre lettre ne parvient pas à celui qui a fait lui-même la traduction !”

  6. Sassie septembre 4, 2009 à 1:09

    La coquille est “text”, non?^^

  7. céline septembre 4, 2009 à 1:33

    Bravo !

  8. Un vieux monsieur qui fait des confidences septembre 5, 2009 à 11:01

    J’ai l’impression, ma chère Céline, que vous êtes très compétente comme traductrice mais trop honnête pour être commerçante. En donnant un menu pseudo-bilingue, quel est le but de ce restaurateur dont la clientèle est sans doute essentiellement britannique? Lui donner l’impression d’être dans une ambiance française, sans qu’elle soit capable de démêler s’il s’agit ou non d’une imitation. Si cela marche, c’est-à-dire si on reçoit du monde, il n’y a aucune raison de changer. Dites-vous que, dans le métier, il faut parfois ne pas être trop consciencieux; puisque nous sommes entre nous je me rappelle un rapport rédigé par je ne sais plus quelle commission européenne (et si je le savais je ne le dirais pas): c’était emberlificoté et épouvantable à traduire. «Ne vous inquiétez pas, ai-je dit au jeune traducteur qui s’en occupait, il s’agit manifestement de gens grassement payés et qui s’efforcent de temps en temps d’écrire quelque chose pour justifier l’argent qu’ils reçoivent. Personne, certainement, n’a lu l’original et je gage que personne ne lira la traduction.» Toujours est-il que le brave garçon n’a jamais reçu la moindre réclamation.

  9. céline septembre 5, 2009 à 2:08

    Je sais bien, mais quand même, c’est censé être un restaurant français !

  10. thierry septembre 15, 2009 à 8:10

    @Audrey: je me suis arrêté sur ce segment: “le vocabulaire alimentaire est tellement riche, précis et propre à une culture précise”
    pour éviter la répétition, j’aurais mis “une culture particulière” mais je pense que c’est une question de goût.

  11. céline septembre 15, 2009 à 8:16

    En effet, c’est beaucoup mieux.

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