coffeeÊtre à son compte, c’est parfois compliqué. On doit tout faire : organiser son temps de travail, faire sa comptabilité, régler les problèmes techniques, mais pour moi, le plus difficile, c’est de me protéger contre les aléas de la vie en l’absence de prestations sociales pouvant inclure la couverture maladie.
Quand j’ai commencé il y a 14 ans, j’ai vite compris que je devais me protéger en cas d’accident m’empêchant de travailler et donc de subvenir à mes besoins. Non pas que je sois pessimiste de nature, mais certains de mes passe-temps, dont le foot, me font courir un risque réel de blessure m’obligeant à arrêter de travailler pendant une période pouvant être assez longue. En plus, il m’arrive souvent de rater une marche en montant les escaliers (rarement en descendant ; ne me demandez pas pourquoi). J’ai donc rapidement souscrit une assurance revenu garanti : si je suis contrainte d’arrêter de travailler pendant plusieurs semaines, je reçois une somme mensuelle jusqu’à ce que je puisse reprendre le collier. En fin de compte, quelques éraflures au front après avoir stoppé avec le visage un tir particulièrement fulgurant sont la pire chose qui me soit arrivée depuis, mais j’apprécie la tranquillité d’esprit qui va avec la certitude que je pourrai continuer à m’offrir du fromage de qualité si je me fais un croche-pied et me casse le poignet.
Puis j’ai passé le cap des 40 ans en fin d’année dernière. Je me suis dit qu’il était temps de revoir ma situation financière, et j’ai réalisé que les mesures prises il y a 14 ans n’étaient plus suffisantes. Pour simplifier, je ne voulais pas que ma compagne perde notre appartement s’il m’arrivait de tomber malade et/ou de mourir plus tôt que prévu. J’ai donc demandé à une amie, qui est conseillère financière et travaille aussi dans mon bureau, de m’expliquer quelles étaient mes options. J’étais partie sur une assurance vie, mais elle m’a gentiment appris que j’ai beaucoup plus de chance de contracter une horrible maladie que de mourir subitement. J’ai donc souscrit une assurance maladie grave et vie, qui me paiera une somme exempte d’impôts et de finir mes jours dans des restaurants étoilés et sur des parcours de golf ensoleillés me focaliser sur ma santé, et dans le pire des cas, ma compagne recevra le reste de la somme assurée à ma mort. Elle a eu la gentillesse de m’informer qu’elle a l’intention de s’en servir pour faire une croisière autour du monde.
Bien entendu, ce choix n’engage que moi : tout dépend des circonstances personnelles, et je ne connais pas du tout les prestations offertes aux indépendants hors du Royaume-Uni. Quoi qu’il en soit, c’est à mon avis une question à laquelle tous les indépendants devraient réfléchir.

De | 2016-10-18T15:48:28+00:00 16 janvier 2014|La traduction freelance|6 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

6 Réaction

  1. Le vieux Gustave février 17, 2014 à 12:44 ␣- Répondre

    Vous avez bien raison de penser à l’avenir, ma chère Céline ; moi-même, «ayant piéça franchy mes quarante ans», comme disait Montaigne, je songe surtout à tenir Alzheimer en respect et donc à faire travailler ma tête le plus longtemps possible afin de me sentir utile et ne pas être une charge pour la société : à relire bénévolement des traductions on ne vole pas le travail des jeunes et on leur rend service au contraire. Cependant je me demande à présent si j’ai bien fait d’orienter ma fille vers la traduction ; des revues que je lisais dans les années 1960 assuraient que c’était là un secteur en pleine expansion et l’on allait jusqu’à dire que, si les besoins continuaient à croitre, c’est la population entière des États-Unis qu’il faudrait y employer au XXIème siècle. On ne prévoyait pas que les considérations comptables l’emporteraient sur les exigences de qualité ; j’ai discuté récemment avec une brave traductrice qui venait de prendre sa retraite et, comme elle était en C.D.I., on avait été heureux de la voir partir ; je ne sais pas si l’on s’était rabattu sur d’infâmes officines qui emploient n’importe qui dans des pays exotiques mais proposent des prix imbattables, ou si, encore plus simplement, on avait opté pour la traduction automatique qui affirme souvent le contraire de ce qui est écrit, mais il suffit que le chef comptable jubile et c’est l’essentiel.
    Je me demande en revanche si vous n’êtes pas un peu naïve en pensant qu’une assurance peut vous garantir un revenu exempt d’impôts ; il est vrai que vous vivez en Grande-Bretagne où le contribuable est moins méprisé qu’en France, mais je me rappelle qu’en 1957 Pierre Pflimlin, nommé ministre des finances, avouait que pour établir les nouveaux impôts nécessaires il faudrait « tailler dans la chair ». Aujourd’hui on taille jusqu’à l’os et jusqu’à la moelle, et votre revenu exempt d’impôts serait qualifié chez nous de « niche fiscale » ; God save the Queen si de l’autre côté de la Manche vous y échappez.

  2. céline février 18, 2014 à 9:41 ␣- Répondre

    Il est vrai que certains secteurs de la traduction semblent s’être engagés sur des voies douteuses, mais je me demande parfois si cet “âge d’or” dont j’entends tant parler a réellement existé… à condition de s’adapter, de faire preuve de dynamisme et d’obliger la chance à vous sourire, il est toujours possible d’exercer ce beau métier dans des conditions tout à fait acceptables. Pour combien de temps, me demanderez-vous ? Ah ça… Tous mes vœux de réussite à votre fille, quoi qu’il en soit.
    Quand à la somme exempte d’impôts, c’est bien ce qui est prévu par ma police. Apparemment j’ai été bien conseillée !

  3. Christophe février 25, 2014 à 10:48 ␣- Répondre

    Bonjour,
    A 43 ans ans bien tassés, mon expérience des assurances et autres mutuelles est la suivante : accident ou pas (j’en ai eu), maladie ou pas (j’en ai eu aussi), le solde de mes cotisations déduites des remboursements à toujours été en faveur des mutuelles et des compagnies d’assurances. Je ne sais pas s’il faut en faire une généralité, disons que c’est une situation généralisée à mes divers pépins au cours des 20 dernières années.
    Tout cela pour dire que tentation et réticences se livrent toujours en moi à une lutte sans merci sur la question de savoir si je devrais souscrire une assurance maladie grave et décès.
    Pour m’aider à faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, pourriez-vous me dire – si vous n’y voyez pas d’indiscrétion de ma part – à combien vous revient l’assurance que vous avez souscrite. Merci d’avance et bravo pour votre site + blog.
    Amicalement,
    Christophe

  4. céline mars 7, 2014 à 4:40 ␣- Répondre

    Je comprends très bien vos réticences, mais pour moi, la tranquillité d’esprit n’a pas de prix… mes cotisations sont de 47.95 £ par mois, mais elles vont baisser et je vais recevoir 150 £ par an parce que je fais beaucoup de sport, ce que ma police reconnaît et “récompense”.

  5. Christophe mars 9, 2014 à 9:07 ␣- Répondre

    Merci pour votre réponse et effectivement, à ce prix-là, la tranquillité d’esprit ne revient pas très cher. Bonne continuation.

  6. Charlotte mars 15, 2014 à 12:35 ␣- Répondre

    Merci pour cet article, Céline ! Auprès de quelle compagnie as-tu souscrit ton assurance ? BUPA ? Charlotte PS : Moi aussi j’en ai entendu parler tant et plus de ce fameux âge d’or… 😉

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