Candide de Voltaire en anglaisBilly Bragg est un chanteur de gauche que je suis sur Facebook et cette semaine, il a publié un billet sur le Brexit qui contenait le mot « panglossien » (ma traduction) :

Une fois que les négociations auront commencé, la balle sera dans le camp des Conservateurs. Ils devront résoudre plusieurs problèmes complexes, qui menacent leur vision panglossienne d’un Brexit aux termes plus avantageux que ceux dont le Royaume-Uni bénéficie actuellement.

Il est rare qu’on tombe sur l’adjectif « Panglossian » en anglais. Il me plaît bien, car il est dérivé d’un personnage de Candide, le roman satirique de Voltaire qui compte parmi mes livres préférés. Pangloss est le précepteur de Candide et sa philosophie se résume en une phrase : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Cette idée d’un monde parfait épouse la théodicée de Leibniz : Dieu, bon et omnipotent, est incapable de créer un monde imparfait. Pour lui, le mal découle du libre arbitre des humains, mais au final, même le mal participe d’un bien ultime. Candide est une satire de l’optimisme de Leibniz et s’achève avec la conclusion suivante : « Il faut cultiver notre jardin », qui renvoie à la philosophie des Lumières.

L’auteur aurait pu choisir « over-optimistic » ou « rose-coloured », mais « Panglossian » ajoute une idée de naïveté et de ferveur que ces synonymes n’ont pas. Tout comme Pangloss adhère dévotement à cette philosophie particulière, les politiques qui poussent le Brexit font preuve d’une conviction quasi religieuse qu’ils mènent le Royaume-Uni sur la bonne voie. Espérons que, au contraire de Candide, nous n’aurons pas à traverser des épreuves infernales pour savoir qui a raison.